La belle indifférence

La belle indifférence dresse deux petits catalogues : le premier présente des nus, majoritairement de femmes, trouvés dans la peinture occidentale entre le XVIe et le XIXe siècles ; le deuxième expose des voix, presque majoritairement de femmes, égrenant des récits sur l’histoire de l’art (« Histoires de peintures » par Daniel Arasse) et sur le travail sexuel (pré-histoires, par des anonymes).
Les deux catalogues se chevauchent, et dans leur entrelacs produisent des points de contraction : les textes historiques réveillent les pensées à l’œuvre dans les images (les peintures), tandis que les textes pré-historiques les font ployer (les images). La machine à fabriquer du nu est si opérante qu’on finit en effet par ne plus rien y voir. C’est donc en travaillant à aplatir l’excitation créée par le nu, dont c’est aussi la fonction, qu’on pourrait imaginer que la pensée est elle aussi excitante, en tout cas asexuée, et potentiellement dangereuse.

La belle indifférence est le deuxième volet du triptyque Vider Vénus (Je baise les yeux, La belle indifférence, Le verrou).

_MG_9918-2 © Danielle Voirin

Vider Vénus est un triptyque qui rassemble trois pièces Je baise les yeux, La belle indifférence et Le verrou (figure de fantaisie attribuée à tort à Fragonard)la fin d’une pièce figurant chaque fois le début de la suivante : disposition des personnes et des objets semblable, même rideau de velours rouge, même question développée sous plusieurs angles, et qu’on pourrait résumer à : quel rapport entre regard, désir, histoire de l’art et nus féminins?

Je baise les yeux (2009) expose la pensée de trois ex travailleuses de théâtre érotique, comprenant le métier de stripteaseuse dans un cadre plus large que le simple rapport œil / corps nu, et sous la houlette d’un modérateur. Le modérateur disparaît dans La belle indifférence (2010) qui entame, tout en le tendant, le rapport entre peinture et désir. Le verrou (2013) clôt de façon fulgurante la question de l’œil posée dans les deux premières pièces : le modérateur réapparaît, hagard, pris dans une hallucination entre histoire de l’art et histoire tout court à partir du tableau de Fragonard. Au final, une plongée en trois parties dans les intrications complexes entre peinture et représentation du désir, qui multiplie les liens entre récits d’histoire de l’art, récits de travail du sexe, et représentations sexuelles – une petite histoire de l’œil en somme, dont le vœu est d’observer à quel moment le désir s’effondre. Et s’il reste quelque chose dans l’œil après.

Diffusion

2016

16 décembre : Tours (37), CCNT, SPOT, "Vider Vénus", triptyque

10 juin : Paris (75), Ménagerie de Verre, Carte blanche, "Ravir Vénus"

2014

11 et 12 mars : Aix-en-Provence (13), Pavillon Noir/Ballet Preljocaj, Centre Chorégraphique National

2013

17 mai : Rouen (76), Hangar 23

2012

16 juin : Tours (37), CCNT / Festival Tours d’Horizons
16 et 17 mars : Essen (Allemagne), PACT Zollverein

2011

11, 12 et 13 mai : Bordeaux (33), TNT/TnBA
17, 18 et 19 mars : Brest (29), Le Quartz/Anticodes

2010

25 septembre : Bruxelles (Belgique), Halles de Schaerbeek/Latitudes contemporaines
7, 8 et 9 mai : Bobigny (93), MC93/Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, première

Distribution

Conception, chorégraphie : Gaëlle Bourges.
Avec : Alice Roland, Marianne Chargois, Gaëlle Bourges.
Récits de préhistoires de et par Alice Roland, Marianne Chargois, Gaëlle Bourges.
Extraits radiophoniques d’« Histoires de peintures » de et par Daniel Arasse (Émissions 18 et 8 sur France Culture en 2003, Éd. Denoël).
Création sonore d’Olivier Toulemonde avec des extraits de « La jeune fille et la mort, D 810 » de Franz Schubert, interprété par le Quatuor Terpsycordes (Ricercar (RIC 272) 2008).
Lumière de Béatrice Le Sire.
Régie générale de Stéphane Monteiro.
Supervisions par Carla Bottiglieri et Pascal Quéneau.
Administration, production et diffusion : Raphaël Saubole / association Os.

Mentions

Création les 7, 8 et 9 mai 2010 aux Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis.
Durée : 50′.
Coproduction : Rencontres chorégraphiques internationales de Seine-Saint-Denis, Le Quartz scène nationale de Brest.
Avec le soutien de la DRAC Ile-de-France – Ministère de la Culture et de la Communication, la Fondation Beaumarchais-SACD, Le Prisme centre de développement artistique de Saint-Quentin-en-Yvelines et ARTE radio.com.

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©  Danielle Voirin