L’Acropole : petites histoires de pillage

Lorsque l’on a la chance de visiter les grands musées du monde, on est la plupart du temps content : on voit des momies, des façades majestueuses de temples, d’énormes sculptures d’animaux, etc. On passe d’un pays à l’autre en quelques pas sans se douter – surtout quand on est enfant, parce que personne ne nous le dit – qu’un grand nombre des œuvres qu’on peut admirer ont été acquises ou même volées au cours de conflits de type colonial.

C’est le cas des marbres du Parthénon, appartenant au fameux temple juché sur l’Acropole, à Athènes (qui resta sous la coupe de l’Empire ottoman entre le 15e et le 19e siècle) et dont on trouve des bouts aujourd’hui en Allemagne, en Italie, en France et en Grande-Bretagne. Il y a même, au British Museum, une salle qui s’est longtemps appelée « la salle des marbres d’Elgin » en hommage à un aristocrate écossais – Thomas Bruce, 7ème lord d’Elgin, ambassadeur à Constantinople pour la couronne britannique au début du 19e siècle – dont l’équipe de peintres, mouleurs, architectes enleva, sur sa demande pressante, la moitié des frises du Parthénon, ainsi qu’une des six cariatides du temple d’Érechthéion, juste en face. Depuis, la Grèce réclame leur retour.

Le spectacle OVTR traite de cette histoire rocambolesque.

L’ACROPOLE : PETITES HISTOIRES DE PILLAGE est donc une courte conférence qui revient sur le prélèvement des marbres grecs à l’aide d’un diaporama commenté et de lectures d’extraits de lettres des protagonistes de l’époque. Ces éclaircissements aideront à formuler ensemble cette question si vive aujourd’hui : et si on rendait les oeuvres d’art prélevées ?

En novembre 2018,  un « Rapport sur la restitution du patrimoine africain », confié à Bénédicte Savoy, historienne de l’art, et à Felwine Sarr, écrivain et professeur d’économie,  a été remis au président Macron.

L’intention de ce rapport est claire : « Restituer des œuvres d’art pour changer le rapport à l’autre ». À quand un rapport sur la restitution d’œuvres pillées en Europe par des Européens ? À quand un changement dans le rapport à l’autre ?

Photo de couverture : Archibald Archer, The Temporary Elgin Room in 1819 with portraits of staff, a trustee and visitors, 1819, huile sur toile, 94×132.7cm, The British Museum © Trustees of the British Museum