LOULOU (La petite pelisse)

En réponse à l’invitation de Béatrice Massin, Gaëlle Bourges propose de créer une pièce de danse à partir d’un tableau de Pierre Paul Rubens, un peintre du 17e siècle que Béatrice aime particulièrement.

Le tableau La petite pelisse sera l’occasion de continuer à creuser le rapport de la peinture occidentale aux figures nues, et plus spécifiquement du rapport du nu avec la fourrure – de La Vénus à la fourrure de l’auteur autrichien Lepold von Sacher-Masoch à la fin du 19e siècle, à Une chambre en ville de Jacques Demy en 1982 – où l’on découvre une Dominique Sanda entièrement nue sous son manteau de poils – on tombe encore sur un homme en peignoir léopard aux prises avec les jeux de l’amour dans L’homme au bain de Christophe Honoré, en 2010. Autant de pistes à suivre pour déplier ce vieux paradigme et l’égratigner au passage : en Europe, on trouve excitants les gens nus en fourrure. Il paraît que Paul Rubens concevait l’art comme « un effort patient pour ne pas donner son consentement à l’ordre du monde ». La création Loulou (la petite pelisse), qui proposera aux danseur.se.s Lou Cantor et Philippe Lebhar d’entrer dans ces figures  archétypales, travaillera dans le même sens : on fera en sorte de ne pas donner notre consentement à l’ordre du monde.

Photo de couverture : Hélène Fourment ou La Petite Pelisse (Het Pelsken), Pierre Paul Rubens, vers 1638 Kunsthistorisches Museum, Vienne