Neuf détails sur le bon et le mauvais gouvernement

Conversation de Gaëlle Bourges et Marco Villari autour du spectacle Conjurer la peur

Conjurer la peur s’appuie sur une fresque italienne peinte par A. Lorenzetti en 1338 – « les effets du bon et du mauvais gouvernement » – analysée dans le livre* éponyme de l’historien Patrick Boucheron, à qui l’on doit le titre du spectacle. La pièce chorégraphique est une façon de faire réapparaître, avec les moyens du spectacle vivant, les images anciennes, qui sont ici une véritable propagande politique. En décrivant précisément ce que l’on voit dans la peinture – en créant donc une langue descriptive, et en entrant physiquement dans les attitudes des figures représentées – en inventant donc des gestes, le spectacle mise sur la capacité des performers à créer une vision fidèle, mais ouverte, d’une image fixe qui ne vieillit pas. Marco Villari et Gaëlle Bourges donnent quelques outils pour comprendre quels procédés ont été mis en place pour rappeler à la mémoire la fresque italienne, parcourant en neuf détails les images du mauvais et du bon gouvernement.

*« Conjurer la peur, Sienne 1338 – Essai sur la force politique des images » de Patrick Boucheron, publié aux éditions du Seuil en 2013

Photo de couverture : ©Véronique Baudoux